Sujet

Les études récentes sur les publics contrastent avec les notions traditionnelles de spectateurs passifs. Elles remettent en cause la relation de subordination et d’inactivité des spectateurs aux médias. Ces théories sont connues et globalement partagées. Toutefois, l’accusation de passivité persiste lorsqu’il s’agit de penser le public jeune.

Ce public – enfants, adolescents et jeunes adultes- est difficilement qualifiable sans être stigmatisé. Il est très souvent associé à une masse homogène face aux médias. Une masse qui subirait violence, pornographie, stéréotypes et l’effet encore plus pernicieux de l’homogénéisation culturelle.

Les jeunes sont accusés de tous les maux : absence de distance critique, dépendance, surconsommation et abandon dans un univers virtuel, fanatisme, etc. Paradoxalement, on leur associe également les prouesses de l’interactivité, du multitasking, de la créativité et de la socialisation en ligne.

Les jeunes sont aujourd’hui de véritables acteurs des médias. Ils les manipulent, les bricolent, les contournent, tant dans leurs contenus que par leurs dispositifs. Ils produisent des contenus numériques et les partagent au sein de communautés de pairs, d’amis, ou dans une approche plus large de publicisation. Leur participation est alors tout autant individuelle que collective. Elle implique une maîtrise plus ou moins aboutie des outils et du symbolique.

Ces acteurs évoluent donc au sein d’un réseau formel ou informel d’accompagnements. Il peut s’agir de pairs experts, issus de communautés d’échange et de co-construction des compétences, de l’univers virtuel ou simples extensions de la vie sociale hors ligne. Ils permettent à l’usager d’améliorer ses connaissances des dispositifs, sa créativité et ses capacités techniques. Ils jouent aussi un rôle d’intégration, d’échange, de communication. Les accompagnements sont aussi du ressort des adultes, qu’ils soient parents, éducateurs, chercheurs ou responsables politiques. Ces adultes peuvent exercer tour à tour un rôle de contrôle, de garant ou de conseil. Ils peuvent également se sentir dépassés, exclus voire indifférents à ces pratiques.

L’accompagnement s’inscrit donc en faux d’une vision transmissive de l’éducation – « faire faire »- pour élaborer une approche plus axée sur la participation et le « faire avec ».

Mais cet accompagnement a-t-il une place égale dans la relation jeunes/médias ?
Peut-on alors considérer que cette relation se joue toujours dans une médiation (créative, technique, éducative) ?
La participation est-elle alors toujours collaborative ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s